Dans son antre du Colbras, le leader incontesté du championnat accueillait une équipe de Faches mal au point et promise, semblait-il, à la relégation. Un combat apparemment déséquilibré, à l'issue certaine, où le géant Goliath ne devait faire qu'une bouchée de David. Mais les protégés de Christophe Debuyne n'ont pas su tirer les enseignements de la légende biblique et ont enregistré une sévère défaite, la première de la saison.
A leur décharge, il faut avouer que si le Mercato a quelque peu déçu les attentes des supporters de l'OM, il est dans l'Hexagone un club qui est parvenu à effectuer une grande lessive à l'occasion de la trêve hivernale. Pour dénicher ces champions du Mercato, il ne fallait pas rôder aux abords du Parc Lescure, de Gerland ou de Bollaert mais lorgner du côté du dernier de la classe de la deuxième division réserves, groupe A, du district Flandres : le RC Faches-Thumesnil. Quelques subtiles retouches dans l'effectif ont entraîné l'éviction de… quatorze joueurs et l'arrivée de… quatorze joueurs. Avec ce groupe très légèrement remanié, les banlieusards lillois pouvaient espérer un résultat positif sur les bords de la Lys.
Lors de l'échauffement, l'expérimenté Charles Deconninck avait pourtant prévenu ses coéquipiers de la rudesse de la tâche qui les attendait. Vieux baroudeur des terrains verts, la qualité des gestes techniques des adversaires du jour ne lui avait pas échappé. Le solide défenseur de l'Amical avait mille fois raison et l'entame de match fut très difficile pour les Halluinois. Mais si les banlieusards lillois monopolisaient le ballon, ils éprouvaient des difficultés à se procurer des occasions franches. Défensivement la charnière centrale constituée de Laurent Fermont et Charles Deconninck veillait au grain et François Grimonpont récupérait de nombreux ballons dans l'axe. Mise en défaut à quelques reprises, la défense locale pouvait s'appuyer sur son ultime rempart, Christophe Debuyne, auteur d'arrêts déterminants aux 15ème, 32ème et 40ème minutes. L'entrée en jeu à la 25ème minute de Jean Michel Vangaeveren permit aux Halluinois de poser enfin le jeu et surtout de calmer la terrible pression qu'ils subissaient depuis le début de la rencontre. Il paraissait évident que sur les flancs, les amis Zim et Zis souffraient et qu'ils résistent davantage à la pression du zinc du Zébulon ou d'autres estaminets qu'à celle proposée par les joueurs de Faches-Thumesnil. A ce sujet, on peut s'interroger sur la compétence du corps médical local peu enclin à prôner les vertus de la créatine à la place du houblon ! En effet, si du côté de Faches, les joueurs affichaient le poids de forme, bon nombre des locaux laissaient plutôt paraître les formes du poids ! Avec JMV aux commandes, l'Amical se créa quelques situations intéressantes qui auraient pu aboutir avec un peu plus de lucidité et de précision dans la finition. Hélas, la percée dans l'axe de JMV, la reprise d'André Malvetti, le débordement de Jean Michel Bondu et le coup franc de JMV aux 35ème, 37ème, 44ème et 45ème minutes échouèrent de peu et c'est sur un score nul et vierge que l'excellent arbitre siffla la mi-temps. Dès la reprise, une belle combinaison entre Baptiste Lesage et l'omniprésent JMV permit d'offrir à Jean Michel Bondu une situation intéressante dont il ne sut tirer profit. Manifestement, une nouvelle fois, Bondu de Bondues n'était pas au sommet de son art ! En préparant la couverture de ce match, un perdreau me confiait que cela faisait des lustres que faisans et pigeons ne prêtaient plus attention à Jean Michel Bondu et que depuis quelques temps déjà, gibier et gardiens de but convenaient unanimement que Jean Michel Bondu était davantage un gros gâchis qu'une fine gâchette. Si les visiteurs étaient toujours aussi dangereux et impressionnaient par la limpidité de leur circulation de balle, ce sont cependant les halluinois qui se procurèrent à la 55ème minute une colossale occasion. En effet, après un long débordement, Jean Michel…Bondu adressa un centre millimétré que le malheureux Jef ne put convertir en but. Pourtant ce Jef là, contrairement à son homonyme de la chanson de Brel, était bel et bien tout seul ! (NDLR : Soucieuse d'aider Jef à ne pas trop gamberger, la rédaction lui offre trois sous afin qu'il aille les boire chez la mère Françoise et si c'est pas assez qu'il nous laisse l'ardoise. Qu'il aille manger des moules et puis des frites, des frites et puis des moules et du vin de Moselle…) Très vite, les joueurs de l'Amical regrettèrent amèrement ce manque de réalisme puisque Faches ouvrit le score à la 60ème minute. Nullement assommés, les halluinois réagirent par un slalom de Zis à la 61ème minute et des percées dans l'axe de Baptiste Lesage aux 65ème et 68ème minutes. Mais l'ensemble manquait de cohésion et la fatigue se faisait nettement sentir. " Soulève tes cent kilos, fais bouger ta carcasse ", ce n'est plus Jef mais François Grimonpont que Monsieur Brel aurait apostrophé s'il avait été là. A la 72ème minute, les visiteurs aggravèrent la marque et mirent ainsi fin au suspense. En effet, usés et désemparés, les joueurs de l'ACH admirent la supériorité de leurs adversaires. Seul, au sein de ce groupe moribond, Laurent Fermont, grand seigneur et fier combattant n'abdiqua pas. Son mental de gagneur lui donna la force de réaliser quelques montées rageuses de grande classe. A la 78ème minute, l'excellent libéro halluinois parvint à fixer la défense adverse et offrit à Zim la possibilité de réduire le score. Nonchalant et sans conviction, le milieu de terrain halluinois vendangea l'occasion. Beaucoup plus réaliste, l'équipe de Faches-Thumesnil alourdit le score à la 84ème minute.
Réalisme, le mot est prononcé. Il est évident que face à cette équipe de Faches jouant merveilleusement bien au ballon, les locaux ne pouvaient se permettre de gaspiller les occasions qui se présentaient. On peut penser que l'absence du Chaparal a pesé lourd, très lourd dans les débats. Sans son "arme fatale", l'Amical ne put concrétiser la moindre occasion. Orpheline de son buteur, l'attaque halluinoise manqua de consistance, d'audace et de génie. Un seul être vous manque…
De notre envoyé spécial
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