L'HUMEUR DE GRIMONSEN



Il est entré dans l'Histoire...

Fidèle lecteur d'un jeune rédacteur qui monte et qui devrait rapidement quitter le Net pour notre quetidien L'EQUIPE, je n'ai pas relevé, en lisant le compte-rendu de la large victoire contre Bondues, un fait ou plus exactement un évènement majeur.
Mais mes sources d'information sont diverses et un informateur, dont je tairai le nom afin de ne pas désolidariser le groupe, n'as pas manqué, non sans un certain sourire, de me donner le fait du jour, l'évenement de la journée.
Sidéré, j'ai donc appris que Zis n'avait pas marqué.
Je n'en revenais pas, stupéfait, flottant entre l'incrédulité et aussi la conscience très nette que tout autour de moi était bien réel. Matheïs chantait des cantiques à la gloire des Sang et Or, Genevieve buvait une tasse de café, Andréas se prenait pour Zorro. Tout était parfaitement normal et quotidien, sauf cette nouvelle incroyable. Peu à peu, il m'a fallu admettre l'invraisemblable. Mon informateur, que j'appelerais Coup du Chapeau, ne s'était pas trompé. Un retour sur l'article du Grand Chaparal, véritable Claire Chazal du Net, confirmait l'information. Le nomù de Zis ne figurait pas sur la longue liste des buteurs de la matinée. Lors de ma première lecture, j'avais sans doute inconsciemment pensé qu'il n'avait pas joué. Touché aux adducteurs, rotation des joueurs, retenu au frais sans cravate et sans lacets après une soirée arrosée. Au cours d'une saison, chaque joueur peut être victime de tels avatars. Mais comme le soulignait mon informateur, dont je vous dirais seulmement qu'il fut recemment la vedette incontestée d'un grand concours sur le net, il m'était difficile d'imaginer l'inimaginable. Pourtant, l'inimaginable, l'impensable, l'inconcevable s'est produit. Dix buts, ils ont marqué dix buts et Zis n'a pas marqué !!! Les attaquants ont marqué, les demis ont marqué, les defenseurs ont marqué, les pélerins ont marqué, la mère denis à marqué et Zis n'a pas marqué !!! Mon informateur de Noyelles-Godault, dont je ne divulguerai pas le nom, parlait de debacle. Assurément, le mot n'est pas trop fort. Déroute, cataclysme, désastre, cauchemar... Les qualificatifs ne manquent guère pour évoquer un tel bilan.
En novembre 1812, en Biélorussie, la Grande Armée se perdait, sombrait sur les rives et dans les eaux d'une rivière, la Berezina, dont le nom est resté pour qualifier les plus terribles déroutes. En novembre 1999, Zis se perdait, sombrait lors d'un match de football sur les bords de la Lys.
Depuis ce jour, dans le monde du ballon rond, pour qualifier les prestations les plus médiocres et les plus affligeantes, on parle de véritable BereZISna.

Grimonsen